Depuis le vendredi 15 mai 2026, la carte des coins où l’on pouvait encore ramasser des coquillages pour les manger s’est resserrée sur le nord de la presqu’île. Avec l’extension de l’interdiction à la baie de Pont-Mahé, la fermeture vise à la fois les particuliers et les professionnels. Elle couvre plusieurs secteurs déjà touchés.
- Depuis le 15 mai 2026, la baie de Pont-Mahé a été ajoutée à la fermeture
- Pen Bé, Dumet, Piriac : l’extension s’ajoute à des secteurs déjà fermés
- Pourquoi la préfecture a serré la vis sur les coquillages
- Le retrait du marché remonte au 12 mai dans plusieurs secteurs
- Sur ce nord de côte, la règle utile est de raisonner zone par zone
L’arrêté interdit la pêche, le transport, le stockage et la commercialisation des coquillages destinés à la consommation humaine dans les zones concernées.
Depuis le 15 mai 2026, la baie de Pont-Mahé a été ajoutée à la fermeture
Le renforcement décidé par la préfecture a marqué un tournant clair : la baie de Pont-Mahé a été intégrée à l’interdiction. À Assérac, cette zone est fermée pour toutes les espèces de coquillages.
Un secteur supplémentaire a basculé dans le même régime que les zones déjà barrées plus au nord. La règle y est large et sans échappatoire pour la consommation humaine.
L’arrêté va loin dans sa rédaction, et c’est logique. Quand une interdiction inclut le ramassage, le transport et le stockage, elle vise aussi l’après-sortie. Le moment où l’on met les bottes sur l’estran n’est pas le seul concerné.
Pen Bé, Dumet, Piriac : l’extension s’ajoute à des secteurs déjà fermés
La fermeture du 15 mai n’est pas tombée sur une côte encore ouverte partout. L’île Dumet était déjà frappée pour toutes les espèces, avec une interdiction en place depuis le 16 avril.
Le traict de Pen Bé faisait déjà partie des secteurs concernés, mais avec une nuance : les huîtres y restaient hors du périmètre initial. Après l’extension, dans la commune citée plus haut, ce même secteur est bien interdit pour les moules, les coques et les palourdes.
Il faut aussi ajouter la zone de Piriac, décrite entre la pointe de Merquel et le port de La Turballe. L’ensemble dessine un nord de presqu’île. Là, les marges se sont fortement réduites.
Qu’est-ce que cela change pour un particulier ?
Beaucoup de pêcheurs pensent d’abord au panier qu’ils rapportent. Mais l’arrêté vise plus large. Si vous ramassez dans une zone interdite pour les manger ensuite, le problème ne s’arrête pas au rivage.
Le transport et le stockage sont eux aussi visés.
La même logique vaut pour les professionnels. La mesure concerne les deux publics par la même fermeture sur les secteurs listés.
Pourquoi la préfecture a serré la vis sur les coquillages
La décision a été prise après une prolifération de dinophysis. Cette micro-algue est présentée comme naturellement présente dans le milieu marin, mais elle peut produire des toxines dangereuses pour l’homme.
On parle de coquillages qui peuvent transmettre des toxines à la consommation.
Les troubles décrits sont précis : vomissements, diarrhées et douleurs abdominales. Et les symptômes peuvent arriver vite, entre une demi-heure et quatre heures après l’ingestion de coquillages contaminés.
La fermeture n’a rien d’un excès de zèle. Quand les effets peuvent tomber dans ce délai, laisser croire qu’un secteur reste “à tenter” serait une mauvaise lecture de la situation.
La cuisson protège-t-elle ?
Non. Les toxines liées à cette micro-algue ne sont pas détruites à la cuisson.
Cuire les coquillages, les préparer autrement ou les garder peu de temps ne change pas le problème décrit par l’arrêté.
Le retrait du marché remonte au 12 mai dans plusieurs secteurs
La mesure a aussi pris la forme d’une fermeture sur l’estran. Les autorités ont demandé aux professionnels de retirer du marché les coquillages provenant des zones concernées.
Ce retrait était demandé à compter du 12 mai pour plusieurs secteurs, dont la baie de Pont-Mahé, le traict de Pen Bé et la zone de Piriac. Cela montre bien que la réponse portait sur toute la chaîne de mise à disposition pour la consommation humaine.
D’un côté, on coupe le prélèvement. De l’autre, on évite que des coquillages déjà issus des secteurs touchés restent en circulation.
Sur ce nord de côte, la règle utile est de raisonner zone par zone
Le piège, sur ce type de dossier, c’est de croire qu’une commune entière est ouverte ou fermée d’un bloc sans regarder le périmètre précis. Or l’arrêté distingue la baie de Pont-Mahé, le traict de Pen Bé, l’île Dumet et la bande de Piriac à La Turballe. Avec des niveaux d’interdiction qui ne se lisent pas tous de la même façon selon les espèces.
Le bon raisonnement reste donc très terre à terre. Il faut partir de la zone exacte où vous comptiez aller. Puis vérifier si l’interdiction porte sur toutes les espèces ou seulement sur certaines, comme c’est formulé pour le traict cité plus haut.
Cette extension a fermé ce qui ressemblait encore à des poches de repli sur le nord de la presqu’île. Et quand une micro-algue peut laisser des toxines que la cuisson n’efface pas, la prudence n’a rien d’exagéré. Elle évite juste de transformer une sortie à pied en mauvais souvenir quelques heures plus tard.
Thomas Roger est guide de pêche agréé et rédacteur en chef de peche-plaisance44.fr depuis 2017. Passionné de pêche en mer depuis l’enfance sur les côtes de Loire-Atlantique, il est titulaire du BPJEPS pêche de loisir et anime régulièrement des sorties pédagogiques sur l’estuaire de la Loire et les côtes vendéennes. Membre du Comité Régional des Pêches des Pays de la Loire, il décrypte la réglementation de pêche côtière, les zones de taille minimale et les nouvelles restrictions saisonnières pour les pêcheurs du 44. Contact : [email protected]

