Ramasser des coquillages au nord du 44

Ramasser des coquillages au nord du 44 ? L’arrêté bloque aussi le transport

Ramasser des coquillages au nord de la Loire-Atlantique pose aussi un problème de transport, de stockage et de commercialisation. L’arrêté préfectoral bloque aussi le transport, le stockage et la commercialisation des coquillages pris dans les zones visées. Pour les personnes qui pêchent à pied ou qui reviennent avec un seau dans le coffre, l’interdiction continue après la plage.

Ce qui est interdit sur l’estran le reste après.

La mesure suspend la pêche et le ramassage de coquillages au nord du département, pour les professionnels comme les amateurs. Elle est liée à la présence d’algues du genre dinophysis. Elles sont capables de produire des toxines DSP, présentées comme potentiellement dangereuses pour la consommation humaine.

Le ramassage s’arrête sur l’estran, mais aussi après

Beaucoup de pêcheurs lisent d’abord l’interdiction par le prisme du bord de mer : pas de collecte sur les gisements visés. Mais l’arrêté va plus loin. Il interdit aussi le transport, le stockage et la commercialisation des coquillages issus des zones concernées.

La conséquence est très concrète. Même si le coquillage a déjà quitté la plage, il reste dans le champ de l’interdiction s’il provient du secteur fermé. Ce détail de rédaction coupe toute la chaîne, du prélèvement jusqu’à la mise sur le marché ou à la conservation.

Sur ce type de dossier, la préfecture serre la vis pour éviter qu’un produit jugé à risque continue de circuler. Et c’est logique. Si des toxines sont recherchées dans les coquillages eux-mêmes, laisser passer le transport ou le stockage viderait la mesure de son sens.

De Mesquer à La Turballe, un périmètre qui vise les gisements du nord

La zone visée se situe au nord de la Loire-Atlantique. Les communes citées sont Piriac, La Turballe et Mesquer, avec plusieurs gisements nommés dans les notes, comme la baie de Pont-Mahé, l’île Dumet et le trait de Pen Bé.

Le périmètre est décrit entre plusieurs points côtiers. Un exemple cité va de la pointe de Merquel, sur la commune de Mesquer, jusqu’à La Turballe ou au-delà selon les arrêtés successifs. Il faut donc raisonner par zone précise, pas par simple habitude de sortie.

On parle d’un secteur où la lecture locale compte. Une plage ouverte plus bas sur le littoral ne dit rien de ce qui est permis ici. Sur l’estran, quelques kilomètres changent tout pour votre panier, votre glacière et votre retour à la maison.

Pourquoi le transport est-il bloqué lui aussi ?

Parce que le risque continue après le moment où le coquillage quitte le sable. Les analyses portent sur les toxines dans les coquillages, et ces toxines sont liées à des algues du genre dinophysis. Tant que le contrôle sanitaire n’a pas permis de lever le doute, faire circuler les prises reviendrait à déplacer le problème.

Pour les personnes qui pêchent à pied de loisir, un coquillage pris dans la mauvaise zone ne doit ni partir dans le coffre, ni attendre au frais, ni finir sur une étale. L’arrêté traite la prise comme un produit à risque du début à la fin.

Dinophysis et toxines DSP : pourquoi l’arrêté tombe sans date de fin fixe

La mesure est motivée par la présence d’algues du genre dinophysis. Ces algues produisent des toxines diarrhéiques, les toxines DSP, présentées comme potentiellement dangereuses pour la consommation humaine. Il s’agit d’un risque sanitaire, pas d’un simple doute administratif.

Un estran peut paraître propre, calme, presque engageant, et pourtant rester dans une zone fermée. C’est tout le piège de ce type de contamination. Elle ne se lit pas à l’œil nu depuis la plage.

La décision repose sur des contrôles sanitaires, pas sur l’apparence du poste.

La durée de l’interdiction n’est donc pas fixe. Sa levée dépend des prochains contrôles sanitaires, avec des analyses centrées sur la présence de toxines dans les coquillages. Tant que ces résultats ne permettent pas de rouvrir, vous restez dans un cadre fermé.

Même si la marée est belle et l’envie de sortir bien réelle.

Sur un sujet pareil, annoncer une réouverture à l’avance n’aurait aucun sens. Ce sont les analyses qui commandent, pas le calendrier.

Le précédent de 2025 montre qu’une réouverture partielle peut coexister avec des fermetures

Le dossier n’est pas figé pour toujours, mais il n’évolue pas d’un seul bloc non plus. En 2025, la préfecture avait rouvert la pêche sur une partie du littoral, sur la portion citée entre Batz-sur-Mer et Préfailles. Dans le même temps, la fermeture était maintenue autour de l’île Dumet et de la baie de Pont-Mahé.

Cette séquence sert de repère utile. Une réouverture quelque part ne veut pas dire feu vert général sur toute la côte. Le nord peut rester barré pendant qu’une autre portion retrouve un cadre plus souple.

C’est souvent là que les erreurs commencent. On entend qu’un secteur a rouvert, on transpose trop vite, puis on tombe sur un gisement encore fermé. Avec la pêche à pied, le bon réflexe n’est pas d’étendre une info favorable à toute la façade.

Il faut vérifier la zone exacte où l’on compte descendre.

Peut-on garder sa récolte pour soi si on ne la vend pas ?

L’arrêté vise aussi le transport et le stockage des coquillages issus des zones concernées. Autrement dit, l’usage personnel ne vous sort pas automatiquement du cadre de l’interdiction.

Cette précision change beaucoup de choses pour la pêche à pied de loisir. On pourrait croire que la règle tape surtout la filière professionnelle. En réalité, elle touche aussi le pêcheur amateur qui voulait simplement repartir avec sa prise.

22 500 € d’amende possible : la pêche à pied en Loire-Atlantique reste très encadrée

En Loire-Atlantique, la pêche à pied de loisir est indiquée comme strictement encadrée. Et le non-respect de la réglementation peut entraîner des amendes pénales allant jusqu’à 22 500 €, avec en plus des sanctions administratives. On est alors bien au-delà du simple rappel de bon sens au bord de l’eau.

Pour les personnes qui sortent en famille ou entre habitués, il faut le prendre comme une règle de pratique, pas comme une formalité lointaine. Quand un arrêté suspend le ramassage, il faut aussi penser à l’après-sortie. Ce que vous mettez dans le sac, ce que vous gardez au frais, ce que vous rapportez.

La dureté de la sanction montre la philosophie du cadre local. La pêche à pied reste un plaisir du coin, oui, mais elle ne tient jamais sans surveillance sanitaire ni sans discipline. Et quand des toxines DSP sont au cœur du problème, discuter la règle après coup est une mauvaise partie.

Cette fermeture rappelle que, sur le nord du 44, le coquillage ne se juge pas au coup d’œil ni à l’habitude du poste. Vous pouvez connaître l’estran, les marées, les accès. Si la zone est fermée, la sortie s’arrête là.

Du prélèvement jusqu’au transport. C’est frustrant, mais c’est la seule ligne qui tienne bon.

Partager ce guide :FacebookXWhatsAppE-mail
Thomas ROGER

À propos de Thomas ROGER

Thomas Roger est guide de pêche agréé et rédacteur en chef de peche-plaisance44.fr depuis 2017. Passionné de pêche en mer depuis l'enfance sur les côtes de Loire-Atlantique, il est titulaire du BPJEPS pêche de loisir et anime régulièrement des sorties pédagogiques sur l'estuaire de la Loire et les côtes vendéennes. Membre du Comité Régional des Pêches des Pays de la Loire, il décrypte la réglementation de pêche côtière, les zones de taille minimale et les nouvelles restrictions saisonnières pour les pêcheurs du 44. Contact : [email protected]

A propos de l'auteur
Thomas ROGER

Laisser un commentaire